L’histoire du jodel
Le „jodel“ est un terme connu bien au-delà des frontières nationales. Cet art est souvent associé aux traditions suisses et au folklore. Mais à vrai dire, qu’est-ce le jodel exactement ?
Selon la définition, le jodel est un chant sans texte exécuté en commutant à un rythme rapide et répétitif entre le registre de poitrine et celui de tête (fausset) durant lequel le timbre de la voix change. Les autres caractéristiques du jodel sont les grands sauts d’intervalles ainsi qu’une large tessiture.
Origine du jodel
Le jodel trouve son origine dans les temps anciens où les bergers, chasseurs, bûcherons et charbonniers se faisaient comprendre sur de grandes distances en jodlant. On communiquait alors d’une alpe à l’autre en lançant un cri de joie chanté. Il n’était pas rare d’attirer le bétail des pâturages en entonnant une «youtze». 
Propagation du jodel
D’un point de vue historique, le jodel ne peut être réduit qu’à la zone alpine. Les formes de communication par le jodel existent depuis la nuit des temps chez les pygmées africains, chez les Inuits, dans le Caucase, en Mélanésie, Palestine, Chine, Thaïlande et au Cambodge. S’y ajoutent les Etats-Unis, l’Espagne, la Suède, la Pologne, la Roumanie ainsi que la Bulgarie. Le jodel classique, tel que nous le connaissons de nos jours, est principalement présent sur la scène de la musique populaire. On trouve des jodleurs de renom en Bavière, en Autriche et en Suisse également. Le Suisse Peter Hinnen a même eu droit à une inscription au livre Guiness des records en 1992 pour sa performance: Il a alors établi le record du jodel le plus rapide du monde en exécutant 22 sons à la seconde. La famille de jodleurs « Oesch’s die Dritten » a momentanément la cote, puisqu’elle a, avec son art du jodel, réussi une entrée au hit parade suisse en 2008.
Le jodel dans les Alpes
Entre-temps, le jodel s’est développé musicalement et a passé de la chanson populaire des Alpes, pour devenir un jodel chanté. On différencie entre le jodel chanté et le jodel frappé. Tandis que dans le jodel chanté qui s’exécute uniquement par le registre de poitrine et contient la plupart du temps des strophes chantées entre de courtes séquences de jodel, le jodel frappé change souvent et avec dextérité du registre de poitrine à celui de tête (fausset). Ce genre de jodel demande une certaine souplesse de la voix de la part des interprètes. A l’origine, le jodel était souvent exécuté en solo. En Suisse particulièrement mais également dans le reste du massif alpin, le jodel pratiqué en chorale s’est développé.
Le jodel en Amérique et en Australie
Aux Etats-Unis et en Australie, le jodel revêt depuis fort longtemps une grande importance sur la scène de la musique country. Dans les Appalaches apparurent au début du 19ème siècle les premières approches entre le jodel de la zone alpine et les traditions anglo-américaines. Les spectacles de tournée de musiciens autrichiens et suisses ont réveillé l’intérêt d’un large public dans les années trente, amenant de plus en plus de musiciens américains à se lancer dans ce style de musique. Simultanément, le blues a influencé le jodel naissant. Le chanteur de country américain Jimmie Rodgers a développé en 1927 le «blue yodeling». Pour ce faire, il a pris des éléments provenant du blues et de la musique traditionnelle des blancs et les a enrichit par du jodel. Le jodel n’a pas seulement fait son entrée sur la scène de la musique country, il est de nos jours également un élément important de la musique country. C’est ainsi que par exemple le musicien de jazz Leon Thomas a utilisé le jodel comme moyen d’expression pour le scat (sorte d’improvisation vocale) en se basant pour cela sur les influences authentiques de l’Afrique tel que la youtze des pygmées.





